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Contenu du numéro actuel de la «Prévoyance Professionnelle Suisse»

02-2012 (PDF, 82Kb)

 

Prévoyance Professionnelle Suisse 2/2012

Editorial 

Iceberg

Kaspar Hohler

 

Des mesures de sécurité jugées exemplaires. 16 compartiments complètement séparés et étanches à l’eau formant la coque du bateau. Sur une mer calme, quatre compartiments immergés n’auraient pas suffi à le faire sombrer. Et si un cinquième avait pris l’eau, il serait resté à flot pendant encore très longtemps. Quand la menace d’icebergs se concrétisa, on fit ce qui était courant à l’époque, on traversa la zone de danger à toute vapeur pour s’en éloigner le plus rapidement possible. Et quand un iceberg pointa effectivement à l’horizon, l’officier sur le pont exécuta une manoeuvre d’esquive exactement comme on le lui avait enseigné.

Vous connaissez la suite: le Titanic entra en collision avec l’iceberg qui éventra 6 de ses 16 compartiments. C’en était un de trop, un seul. Le bateau coula en un peu plus de deux heures et demie, entraînant dans son sillage 1500 passagers, l’évacuation ayant été mal coordonnée. A l’évidence, on avait mal jugé les risques.

Les risques auxquels sont confrontées les caisses de pensions ne mettent aucune vie humaine en danger. Au contraire: un des principaux risques, c’est que trop de personnes ne meurent pas. Le désastre du Titanic nous enseigne néanmoins certaines choses concernant la gestion des risques: d’abord, on doit bien les connaître. Et la partie apparente n’est souvent pas la plus dangereuse, mais seulement la désormais proverbiale pointe de l’iceberg. Et puis, il ne suffit pas de faire comme on a toujours fait. Aucune faute grave n’avait été commise sur le Titanic et les conséquences ont pourtant été dramatiques. Enfin, il faut être préparé au cas où le drame se produit effectivement.

Dans le cas du Titanic, on peut se demander pourquoi le capitaine n’avait pas contourné avec une marge de sécurité assez grande une zone qu’on savait infestée d’icebergs. Une caisse de pensions ne peut pas éviter certains risques: du côté passif menace l’iceberg de la longévité, quel que soit l’itinéraire choisi. La seule question qui se pose dans le domaine des placements, c’est de savoir combien de glace à la dérive on peut traverser sans mal. Les zones sans glace n’existent pas. La partie thématique du présent numéro peut servir de boussole pour éviter de perdre le cap en eaux troubles.